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  F-F-Fascination
  By F.G.
  Tout a commencé avec la parution de 'Hitsburg USA', album constitué entièrement de covers 60's, annoncé dans la newsletter de Groovy Eyes en Novembre de l'année dernière. A son écoute, tout a été trés clair; les Fleshtones s'étaient gourré d'éprouvette dans leur 'Laboratory of Sound', et ils étaient décidé à reprendre les choses en main. Quelques semaines après, c'est un deuxième album 'More Than Skin Deep' qui est lancé sur le marché enfonçant le clou. C'est alors que la tournée se rapproche pour nous cueillir... Deux grands albums pour féter la nouvelle année, on en demandait pas tant. Le fait de les voir à St Etienne donc en France pour quelques dates fût la cerise sur le gateau (rien de suprenant lorsque l'on sait que Anne Streng est originaire de Grenoble) mais cela fait bien plaisir lorsque l'on voit le nombre de groupes qui évitent notre région... Bref, tout a été magnifiquement chronométre cette fois-ci, est la chance semble être du côté des Fleshtones. Mais,... privilégions l'action, et "Go back where the Fleshtones and we were... Hitsburg St Etienne!"

Ce Samedi 25 Avril, pas de doute, il fallait être présent à 'l'After-Live café', à St Etienne. Un concert des Fleshtones prêt de chez soi, ça ne se rate pas.

Partis vers 20h de Roanne, le staff réduit de WTAI, Thierry et moi-même partions un peu sceptiques vers La Fouillouse, lieu exact du concert, que nous ne connaission pas. Gégé de Radio Dio venait de nous apprendre au téléphone que le groupe avait refusé toute interview à l'antenne et qu'il avait demandé à être payé tout de suite. ...ça n'était pas de très bonne augure... est-ce qu'ils étaient partis pour se la jouer star?... on verrait bien sur place. Arrivés à la Fouillouse à 22h, et ayant quand même fini par trouver l'endroit, tout prêt de la gare, en bordure de voie férrée, nous nous garrons rapidement a proximité du petit parking en gravier devant le bâtiment.

Celui-ci ressemble en fait à une boite plutôt classique. Sur deux étages apparemment, façon patio, plutôt ranch espagnol. 'L'After-Live café' est le nouveau nom du Connemara, lieu qui a vu défiler quelques concerts rock depuis quelques années. Une seule affiche de taille moyenne annonce le concert.

Après avoir franchi le passage de la grosse porte métallique et monté quelques marches, nous entrons enfin dans ce qui s'avère être un pub, et où une bonne ambiance règne déjà. Le décor est en bois et la salle donne sur une autre pièce où nous nous dirigeons. Elle mêne sur un balcon d'où l'on surplombe la place du concert. Quoi ??? l'espace est minuscule !! Les Fleshtones vont jouer là !? On en croit à peine nos yeux. ...Bon, on se dit que tout cela ne promet finallement que du bon, et que le concert devrait être plutôt garage.

Les Perfect Cousins ont déjà, aussi nous descendons pour voir cela de plus près. Le groupe se donne bien, mais il semble y avoir quelques problèmes de sonorisation; les réglages vont et viennent assez bizarrement. Le combo fait de son mieux mais finalement au bout de cinq morceaux, il jette l'éponge. Le chant vient d'être coupé deux fois sans raisons, la basse était bourré de réverbe, il semble que quelques anti-punks soient aux manettes de la sono; bref, le groupe stoppe net, lançant des insultes vers la sono, et remballe.

Explications de Mazz, le chanteur: un groupe s'est rajouté à l'affiche en première partie, et a proposé sa sono. Résultat il a pu s'incruster mais fait ce qu'il veut de son matériel. On en profite pour aller boire un coup pendant que ces derniers produisent un espèse de blues variété qui casse vraiment l'ambiance.

Redscendu histoire de ne pas se retrouver trop loin de "la scéne", (en fait il n'y en a pas), nous croisons déjà Keith Streng et Bill Milhizer qui regardent où cela en est. Le bassiste se pointe aussi... mais pas de Peter Zaremba. Les mêmes reviennent quelques minutes plus tard, et commencent à installer. Alors non seulement l'endroit est riquiqui, mais en plus, le groupe n'a même pas de roadies, vous vous rendez compte !?, style: un des plus grand groupe de rock'n'roll en service au monde installe tranquillement son matos à la main, comme si de rien n'était. Bah... vive le rock'n'roll !!

Le public s'est maintenant massé devant le groupe, et on se dit qu'il va faire chaud. Le plafond est assez bas, et on est bien 150 à déborder jusqu'à l'étage supérieur. Enfin Peter Zaremba arrive. Et c'est parti! La set-list affichée sur le mur à la hâte ne compte que 17 morceaux, mais devant la réaction du public, le concert va en fait durer environ deux heures.

Les classiques ouvrent le set, puis le groupe interprête quelques morceaux de Hitsburg, et du nouvel album. Mister Zaremba himself se trèmousse comme dans une transe, répétant des gestes qu'il a du accomplir des milliers de fois, tandis que ses compères font de mêmes, virevoltant avec leurs guitares sur eux-mêmes, les brandissant en l'air à la surf-style, dans une chorégraphie qui a déjà fait ses preuves. Le batteur de son côté se lève pour taper debout ses toms, tandis que Peter le rejoint pour les marteller avec lui... Du beau spectacle; et une pèche d'enfer. Ce mix de R'n'B énergique est unique, et le groupe possède merveilleusement sa formule.

On a droit aussi évidemment aux fameux bras croissés et au regards fixes de 'Hexbreaker', dans un silence qui n'est rompu que par le beat qui redémarre. Que dire du public qui ne peut qu'hurler et danser face à cette tornade de groove. Même les plus durs habituellement à faire bouger sont pendus aux poutres (comme moi d'ailleurs), et gesticulent de toutes leurs forces.

Finallement, et comme souvent, le groupe sort de scène tout en jouant et s'éloigne dans les escaliers... pour ne pas revenir.

Remplis de sueur on se dit que ça serait vraiment bien si l'on pouvait glaner une ou deux infos sur les derniers albums... et là, suprise encore; le groupe est déjà en train de signer quelques autographes vers le bar. Aucun problême avec les Fleshtones, ça doit être un des groupes les plus cool de la planète. Assis tous les trois (mais où est passé le bassiste?) autour d'une table, Bill déballe des tee-shirt et les derniers albums. On se rue évidemment sur l'édition vinyle de 'More Than Skin Deep'. Bien nous en prend puisqu'elle comprend deux titres bonus par rapport à l'édition CD : 'Hand For The Band' et Bazooka Joe'.

Peter nous présente l'édition CD de 'Hitsburg USA', édité par le fan club en 1996 et qui possède un titre en bonus. La pochette griseâtre affreuse avec un petit dessin de bonhomme au centre n'est cependant pas très engageante; C'est pourtant ce motif qui a été repris sur le tee-shirt. Cet album entièrement constitué de reprises de R'n'B 60's plutôt rares présente des adaptations entre autres de: Otis Williams - 'Panic', Harry Belafonte, The Chants - 'Dick Tracy', The Animals - 'Inside Looking Out', Gene Chandler - 'Rainbow, Dave Davies - 'I'm Crying'...

'More Than Skin Deep' de son côté est en majorité constitué de nouvelles compositions, mis à part 'Hand For The Band (Leiber/Stoller) et 'Laugh It Off'. C'est un album étonnament réussi, qui tiendra la route longtemps, à l'instar de 'Roman Gods' auquel on l'a comparé, ou 'Hexbreaker'. Le son de guitare de Keith Streng est particulièrement efficace, et l'harmonica joué par Peter Zaremba aussi. La production créditée au groupe laisse réveur, même si l'ingénieur du son Paul Johnson a une bonne part de responsabilité sur ce chef d'oeuvre.

La face A s'ouvre sur un 'I'm Not A Sissy' (comme si on en avait douté; quoi-que...) à la mélodie d'orgue pernicieuse très engageante. Le groupe, comme en concert, nous donne la main gentillement sur ce premier titre avant de nous lacher dans son groove diabolique. On retrouve 'God Damn It', une des locomotives de l'album sur la compilation du label Epitaph offerte pendant le mois d'Avril à tout acheteur d'un album du label.

'Blow Job' est une merveille de slow R'n'B à l'ancienne (entendez early 60's), au saxophone magnifiquement interprété par Gordon Spaeth. 'Anywhere You Go' est aussi terrible... Et que dire de 'Better Days', écrite par Ken Fox, le mignon bassiste, superbe ballade mid-tempo mélancolique et chargée d'espoir qui dit en substance: "I hope tomorrow brings you better days".

... C'est tout ce qu'on souhaite pour les Fleshtones, qui de toutes façon sont très bien repartis avec ces deux opus.

  © 1998 F.G., Here #10. [ Top of Page ]
   
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